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Impatience

a8c37ffcf645eb59f3b8288c1491dc6c.jpgDans ce monde que nous laissons derrière nous, l'urgence façonnait nos journées. Sans elle, et sans l'intensité de l'instant qu'elle créait artificiellement, nous craignions le manque de productivité, le désoeuvrement, la frustration. Courir d'une activité à une autre, être constamment sollicité, occupé, débordé, donnait une référence quant à notre valeur sociale et économique.

Ce culte de l’instantanéité a rythmé nos journées, influencé nos personnalités et nos relations aux autres ; nous avons développé au niveau de notre société toute entière une impatience chronique, une incapacité à attendre, à différer la satisfaction et le plaisir.

Mais tout cela s'est arrêté net. Nous sommes aujourd'hui dans un espace étrange où le vécu du temps qui passe n’est plus le même. Peut-être ne sera-t-il plus jamais le même. Personne ne peut se targuer de maîtriser un quelconque calendrier, ni les états, ni les médecins, ni les milieux économiques.

Dans ce maintenant qui s'allonge, un nouveau rapport se met en place entre le temps et nous, plus serein. Nous sommes moins productifs, nous consommons moins, nous avons moins d'obligations. En faisant la paix avec le temps, en renonçant à tenter de le subordonner, nous acceptons un nouveau rythme de vie, fait de patience, de contemplation, et pourquoi pas, enfin, d'un peu d'ennui ?

Illustration de John Tenniel pour la version originale d'Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll

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