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  • Pour bien finir

    448_salle_CM.jpgLes conseils municipaux sont à l’arrêt depuis mi-mars, renvoyés à la maison pendant que les exécutifs fédéraux et cantonaux ont pris les pleins pouvoirs. Anesthésiés, figés, nous les élus communaux regardons la politique défiler devant nous sans faire partie du cortège.

    Nous savions nos prérogatives limitées ; aujourd’hui nous avons l’impression que tout peut tourner sans nous, encombrants parlements de milice. En mettant de côté les délibératifs, ce sont les citoyens eux-mêmes qu’on exclut du débat, et du processus décisionnel. A coup d’ordonnances et d'arrêtés, le jeu démocratique se joue actuellement sans contrôle, sans contrepouvoir.

    Pourtant, on a peu entendu de conseillers municipaux (moi y compris) élever la voix pour demander la réouverture des parlements. On arrive en fin de législature, il est vrai, et la campagne électorale a été éprouvante. En passant directement de l’ivresse des résultats à la stupeur de la pandémie, puis à la torpeur du confinement, nous nous sommes retrouvés comme sonnés.

    Certains ne voient peut-être pas l’utilité de réclamer une dernière plénière en mai, sachant que la validation des comptes (prévue lors de cette séance) leur a été de toute façon retirée pour être confiée aux seuls exécutifs. Mais ce silence des délibératifs est inquiétant. Siéger est notre mission, notre raison d’être, et là, nous ne sommes plus rien. De simples citoyens confinés, tout comme celles et ceux qui nous ont choisis pour les représenter.

    Le Conseil d’état, par son arrêté du 23 avril, autorise à nouveau les Conseils municipaux à siéger, sous conditions. Se réunir une dernière fois dans la cadre de la législature actuelle est donc maintenant possible, moyennant quelques adaptations pour respecter les consignes sanitaires et assurer la publicité obligatoire des débats. Au niveau des coûts que cette séance pourra engendrer, ils seront facilement compensés par l’économie faite sur les jetons de présence des élus et l’annulations des voyages et autres excursions de printemps.

    Réveillons-nous, amis élus communaux, demandons et organisons cette séance plénière particulière. Elle sera également l’occasion de prendre congé de nos collègues qui ne rempilent pas pour une nouvelle législature ; après 5 ans à siéger ensemble, des liens de confiance (et parfois d’amitié) se sont créés, quelle que soit la couleur politique des uns et des autres. Avant de commencer une nouvelle législature, il est important de bien finir celle-ci, même dans la tourmente.

  • Les coiffeurs sauveront le monde

    a3c01b37bc0bae9466e174068d0cbe65.jpgAinsi donc, les salons de coiffure ont été estimés suffisamment nécessaires pour être parmi les premiers commerces à rouvrir, ce qui crée bon nombre d'interrogations, tant chez les professionnels que chez les clients.
     
    Après quelques appels à des salons de la place, stupeur : malgré le manque de consignes de sécurité claires, malgré la crainte d'un virus encore tapi dans les recoins, dès l'annonce du "Grand Chauve" concernant la libération des figaros, les Genevois se sont précipités pour prendre rendez-vous. Les lignes fixes déviées sur les téléphones portables des gérants ont été prises d'assaut, et l'agenda s'est rempli bien avant l'ouverture des portes. Plus aucune place la première semaine dans bien des enseignes !
     
    Pourquoi diable les cheveux sont-ils soudain si importants, au point de devenir pour beaucoup la première activité sociale post semi-confinement ? Cela interroge sur la frivolité supposée du sujet. Et si le soin capillaire était le symbole de notre retour à la normalité, à la vie elle-même ?
     
    Des hordes de confinés blafards et hirsutes piaffent d'impatience à l'idée de pouvoir pousser les portes de leur salon fétiche, et de prononcer le rassurant "On fait comme d'habitude", ou au contraire l'audacieux "Je veux tout changer". Notre choix à ce moment-là définira notre état d'esprit pour faire nos premiers pas dans le "nouveau monde". Retournerons-nous avec soulagement sur un chemin balisé et connu, ou oserons-nous explorer de nouveaux territoires ? Notre coiffeur sera le premier à le savoir.
     
    D'un coup de ciseau, d'un coup de pinceau enduit de colorant, ce professionnel à qui nous confions le droit de triturer notre représentation de nous-même, refaçonnera notre identité. Par ses gestes simples, il nous lancera à l'assaut de notre avenir. Alain Berset (bien que non concerné) l'a bien compris ; la société et l'économie ne peuvent être réactivées efficacement que par des personnes impeccablement coiffées.

  • Impatience

    a8c37ffcf645eb59f3b8288c1491dc6c.jpgDans ce monde que nous laissons derrière nous, l'urgence façonnait nos journées. Sans elle, et sans l'intensité de l'instant qu'elle créait artificiellement, nous craignions le manque de productivité, le désoeuvrement, la frustration. Courir d'une activité à une autre, être constamment sollicité, occupé, débordé, donnait une référence quant à notre valeur sociale et économique.

    Ce culte de l’instantanéité a rythmé nos journées, influencé nos personnalités et nos relations aux autres ; nous avons développé au niveau de notre société toute entière une impatience chronique, une incapacité à attendre, à différer la satisfaction et le plaisir.

    Mais tout cela s'est arrêté net. Nous sommes aujourd'hui dans un espace étrange où le vécu du temps qui passe n’est plus le même. Peut-être ne sera-t-il plus jamais le même. Personne ne peut se targuer de maîtriser un quelconque calendrier, ni les états, ni les médecins, ni les milieux économiques.

    Dans ce maintenant qui s'allonge, un nouveau rapport se met en place entre le temps et nous, plus serein. Nous sommes moins productifs, nous consommons moins, nous avons moins d'obligations. En faisant la paix avec le temps, en renonçant à tenter de le subordonner, nous acceptons un nouveau rythme de vie, fait de patience, de contemplation, et pourquoi pas, enfin, d'un peu d'ennui ?

    Illustration de John Tenniel pour la version originale d'Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll

  • Lettre à une personne âgée

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    Je vous envoie ces mots comme des bulles de savon...
    Je souffle doucement dessus pour qu'elles s'envolent
    Et vous parviennent, légères et scintillantes.

    Tous les jours, je pense à vous,
    Vous n'êtes pas seule,
    Je vous prends dans mes bras.

    Aujourd'hui, vous êtes ma mère, mon père.
    Ma grand-mère, mon grand-père.
    Je tiens à vous comme je tiens à eux.

    Je remercie toutes les personnes qui vous entourent
    Qui s'occupent de vous au quotidien,
    Elles sont là aujourd'hui, elles seront là demain.

    Puisse cette lettre mettre un sourire sur vos lèvres,
    Jusqu'à demain,
    Et le jour d'après.

    Comme un enfant, je fais des bulles.
    Levez la main,
    Attrapez-les...

  • Caves ouvertes à la maison, toute la diversité des vins genevois dans votre salon ! 

    WhatsApp Image 2020-04-16 at 13.50.58.jpegLes Caves Ouvertes sont un moment fort de la vie genevoise. Une grande journée faite de dégustations, de découvertes et de rencontres. Certains se baladent dans notre belle campagne, de domaine en domaine, alors que d'autres prennent racine pour la journée chez leur vigneron préféré. Elles auraient dû prendre place cette année le 16 mai, mais comme tous les rassemblements, nous devrons nous en passer.

    Mais pas complètement finalement... Car une idée a germé dans l'esprit de Boris Calame, grand amateur de vins genevois et défenseur du commerce de proximité : faire venir les Caves Ouvertes "à la maison" ! Commander et se faire livrer des cartons de vins locaux chez soi est déjà possible, et le concept imaginé par le député vert va donc plus loin, dans l'esprit de découverte des Caves Ouvertes.

    Pour tester son idée, Boris Calame a contacté un premier vigneron, en lui demandant de composer un carton inédit "découverte", avec 4 rouges et 2 blancs représentatifs des vins du domaine. Fort de cette proposition, il a proposé une commande groupée à tous les habitants de son immeuble. L'objectif était multiple : d'une part soutenir un vigneron dans cette période difficile en lui amenant une commande groupée d'un bon volume avec une seule livraison ; d'autre part inciter ses voisins à découvrir des produits locaux et à peut-être devenir par la suite des clients réguliers du vigneron (avec modération, bien sûr).

    L'engouement a été immédiat, avec une première livraison à domicile de près de 20 cartons ! C'est ainsi que depuis, cet immeuble genevois adresse sa commande groupée, pilotée par Boris Calame, à de nouveaux vignerons chaque semaine.

    Le projet était dès lors mûr pour essaimer dans tout le canton. Repris par l'OPAGE (Office de promotion des produits agricoles de Genève), le concept des "Caves Ouvertes à la maison" va pouvoir prendre de l'ampleur. L'Office a réuni plus de 30 domaines viticoles autour de cette belle idée, et centralise les informations sur le site internet de Genève Terroir.

    Il suffit de choisir son vigneron dans la liste, de visiter son site Internet pour connaître la composition et le prix de son carton spécial "Caves ouvertes à la maison", puis de prendre contact avec ses voisins pour leur soumettre l'idée et centraliser les commandes. Un formulaire type est disponible au téléchargement sur le site, à compléter puis à mettre dans les boîtes au lettres de son immeuble. La marche à suivre complète, appliquée avec succès par l'instigateur du concept, est également sur le site de l'OPAGE.

    Non seulement vous découvrirez, sans bouger de votre salon, des vins genevois variés et de qualité, mais en plus vous tisserez de nouveaux liens avec vos voisins. Car les Caves Ouvertes à la maison sont aussi une occasion de recréer, dans son immeuble, toute la convivialité qui fait le succès des Caves Ouvertes genevoises.... En attendant de toutes et tous se retrouver, on l'espère, à la Fête des vendanges cet automne !