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élections

  • Les jeux sont faits !

    Les jeux sont faits, la campagne électorale arrive à son terme. Pour moi, cela a été une magnifique aventure, avec une candidature à l'exécutif de ma commune, qui m'a fait découvrir une toute autre dimension de l'engagement politique.
     
    Il a fallu contacter des candidats potentiels pour le conseil municipal ; les convaincre de s'engager sur notre liste ; concevoir et rédiger, en tenant compte des projets et convictions des nouvelles personnes qui nous avaient rejointes, notre nouveau programme de législature ; imaginer notre campagne et créer tout le matériel nécessaire aux actions ; motiver les troupes ; donner de son temps et de sa personne... pour que soudain, à quelques jours seulement du dénouement du premier tour, tout cela s'arrête net, et passe au second plan des préoccupations.
     
    Ce brusque virage a été difficile à vivre pour nous candidats. Notre élan, notre enthousiasme ont été stoppés en plein vol, et nous n'avons pu ni fêter celles et ceux qui ont été élu.e.s, ni consoler celles et ceux qui ne l'ont pas été. Pas d'embrassades, pas de cris de joie, pas de larmes non plus. Ou alors, oui, mais chacun derrière son écran, branchés sur le froid et distant site de la chancellerie.
     
    Ah l'effervescence du grand hall d'Uni Mail, avec tous ces yeux rivés sur les écrans ; les plateaux télé qui s'enchainent ; les aller-retour dans les bistrots alentours, stamms des partis, où là encore, on surveille les écrans et les tendances, tout en partageant un verre ; les cortèges et entrées triomphales (ou un peu plus discrètes selon les résultats) des équipes de candidats ; les interviews donnés à chaud, un peu sonnés ou béats... Tout cela, pour la première fois, n'a pas eu lieu. C'est tout un pan du "folklore" électoral genevois qui a été terrassé.
     
    Pour moi, la campagne s'est arrêtée le 15 mars, mais pour plus de 80 candidat.e.s aux conseils administratifs encore en lice, elle a dû continuer tant bien que mal, poussive, en pointillé. Trois semaines très longues et délicates, à ne pas savoir quand commencer à parler de politique, ni non plus quand ne pas en parler. A ne pas savoir comment convaincre que cette élection est importante, tout en reconnaissant que d'autres choses sont plus vitales, ou du moins plus prioritaires.
     
    Les jeux sont faits, donc. Enfin. Viendra bientôt le temps pour les heureuses élues et heureux élus de relever des défis auxquels aucun magistrat communal n'a jamais été confronté. Ne sous-estimons donc pas les choix que les urnes (ou plutôt les votes par correspondance) affirmeront mardi soir. Ils pourraient se révéler cruciaux pour notre futur bien-être au quotidien.

  • Se réinventer, au-delà des chiffres...

    Les yeux rivés sur des chiffres... Ceux des victimes du coronavirus se percutent avec ceux des résultats des élections. Deux mondes, deux logiques, a priori sans aucun rapport. Il semble même indécent de s'intéresser aux seconds alors que les premiers sont si dramatiques.

    Et pourtant, en cette période de crise extrême, la solidité et la compétence du pouvoir politique prend tous son sens. Le monde économique est à genoux, le système de santé vacille, mais au milieu de ce chaos, le politique décide, rassure, agit.

    Il est donc primordial de bien le choisir, même au niveau communal. Car c'est à tous les échelons que la bienveillance et la solidarité envers les plus fragiles doit se mettre en place. Nous élus communaux, et futurs élus communaux désignés ce jour, avons un rôle à jouer.

    Nous allons toutes et tous devoir nous réinventer, au niveau personnel, comme au niveau de la société. Quel meilleur lien entre les deux que les élus locaux ?

    Réélue au Conseil municipal, non élue au Conseil administratif (mais avec un score historique pour la gauche dans ma commune), je clos cette belle aventure humaine avec la satisfaction d'avoir su rassembler et convaincre au-delà de mes espérances.

    Je me retire maintenant comme tout le monde de la vie sociale pour quelques temps, pleine de gratitude pour mes colistières et colistiers qui ont porté ma candidature au Conseil administratif avec enthousiasme. Parlons-nous par téléphone, refaisons le monde par WhatsApp, aimons-nous de loin mais avec ferveur, puis retrouvons-nous, plus fort.e.s et plus sages.

  • La pluie et le beau temps

    Dans une campagne électorale, il y a des journées ensoleillées, et il y a des journées sous la pluie. Le soleil, ce sont les colistiers bienveillants, les électeurs accueillants ; la pluie, ce sont les adversaires un peu lâches paniqués à l'idée de perdre leur siège, qui crachent leur venin et persiflent au creux d'oreilles compatissantes.

    Je n'avais pas de parapluie ; l'insulte m'a détrempée. Mais que sont finalement ces petites bisbilles de quartier périphérique face à l'inquiétude grandissante de celles et ceux à qui nous nous adressons ? Ils ont aujourd'hui peur pour leur santé, leur travail, leur avenir. Et nous continuons malgré tout de leur montrer un visage puéril et vindicatif.

    Non, la pluie ce ne sont pas les roitelets qui nous tiennent lieu d'adversaires. La pluie, le gros orage, la tempête, c'est un virus. Il devrait nous faire oublier nos petits égos gesticulants et nous recentrer sur l'essentiel, à quelques jours d'un scrutin qui ne passionne pas grand monde.

    Mouillons-nous pour nos communes et leurs habitant.e.s, et allons au bout de cette campagne avec dignité.

  • Le droit au paysage

    10401987_10204051240375335_6022757075121005611_n.jpgNous avons la chance en Suisse d'avoir une nature et des paysages exceptionnels, que l'on peut aisément sillonner à pied, grâce aux 65'000 km de balisage officiel (à titre de comparaison, notre réseau routier en compte 71'540), créé et entretenu par près de 1500 bénévoles de l'association Swiss Rando. Savez-vous que ce réseau pédestre unique au monde est protégé aujourd'hui par notre Constitution ?

    En 1979, le peuple suisse acceptait un nouvel article constitutionnel sur les chemins pédestres, grâce à deux hommes, Hugo Bachmann et Hans Ehrismann. Ils ont mené un long combat pour protéger ce patrimoine, car avant cette date, les chemins n'existaient pas légalement. Ils pouvaient être laissés à l'abandon, goudronnés, ou même supprimés pour laisser place à des constructions. Sans moyens, aidés au départ de leurs seules familles et amis, Hugo et Hans ont lancé leur initiative fédérale, sous l'oeil moqueur du Conseil fédéral de l'époque, pour qui les sentiers (tout comme les pistes cyclables) n'avaient rien à faire dans la Constitution.

    Le combat acharné de ces idéalistes s'est terminé, après moult péripéties, par une victoire foudroyante : 77% du peuple suisse s'est rangé de leur côté. Une loi fédérale de création, entretien et promotion des chemins pédestres a suivi en 1985. Aujourd'hui, la Suisse est le seul pays au monde à avoir ancré son réseau de sentiers dans sa Constitution, et ce contexte historique doit nous permettre de réaliser que nous disposons là d'un véritable trésor.

    Les communes ont leur rôle à jouer dans la préservation et la promotion de ce bien collectif. Car les chemins de randonnée pédestres ne sont pas seulement situés dans la nature, mais également en milieu urbain. Chaque commune, de la plus urbanisée à la plus campagnarde, est constellée de panneaux indicateurs jaunes, de losanges et autres marquages à la peinture. Ils font tellement partie de notre paysage quotidien que nous ne les voyons plus.

    Les collectivités publiques doivent assurer à la population un accès piéton sûr et agréable au sein de leur territoire, en préservant et en créant des lieux naturels de proximité (comme l'accès public aux rives du lac bien sûr pour les communes concernées) et en les reliant entre eux par des chemins pédestres bien aménagés et si possible accessibles à tous. Le droit au paysage, c'est un de mes engagements pour ma commune.

    Mon blog de randonnées (dont beaucoup dans le canton de Genève) pour vous inspirer en vue de vos prochaines balades https://randoromandie.wordpress.com
    Carte en ligne des sentiers de randonnée https://www.schweizmobil.ch

  • Les doutes

    Quand on voit les photos des candidats - affirmés, confiants, tous sourires... quand on les croise sur les stands - enthousiastes, motivés... Comment imaginer qu'ils puissent être constamment assaillis de doutes ?

    En tant que candidat, on doute forcément de tout ! De sa légitimité (mon parti a-t-il fait le bon choix en me désignant ?), de son pouvoir de séduction (les électeurs vont-ils m'aimer ?), de sa capacité à convaincre (mon discours est-il crédible ?), de l'image qu'on projette (n'ai-je pas l'air idiot à la télé ?).

    Il est normal, quand on met son égo dans la balance électorale, de se poser toutes ces questions. C'est mon cas aussi, évidemment. Depuis le début de la campagne, je me réveille aux aurores, secouée de craintes et d'incertitudes ; mais aussi d'idées, de projets, d'envies. Galvanisée par l'enjeu, c'est comme si je mettais toute ma vie en jeu !

    Par bonheur, je suis entourée de gens formidables qui mettent un baume apaisant sur ce tumulte intérieur. Ma famille, d'abord ; intéressée, investie, qui m'assaille de questions sur le processus. Mes colistiers, ensuite ; qui me portent, m'entourent, et se démènent pour mettre en avant ma candidature, parfois avant même la leur. Mon parti, aussi ; solide, expérimenté, organisé, qui me rassure. Les amis, toujours ; qui même s'ils ne font pas (ou plus) de politique, sont à l'écoute. Une personne particulière, enfin ; qui me conseille, m'inspire, me stimule pour que je me dépasse.

    Sans oublier évidemment tous les électeurs qu'on croise dans la rue, sur les stands, lors des porte-à-porte. Rarement agressifs, parfois indifférents, mais souvent réceptifs, ils nous rassurent sur la validité de notre engagement.

    J'imagine que tous les candidats engagés dans cette campagne vivent ce que je vis. Je le sens quand nous nous rencontrons dans des fêtes de partis, lors des débats ou autres raouts de campagne. Nous avons une connivence immédiate que nous aurions sans doute moins hors période électorale. Nos doutes nous pèsent parfois, certes, mais l'intensité de cette aventure humaine nous manquera sûrement, dès le verdict des urnes.