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Environnement

  • Des antennes 5G sur nos têtes ? Attention !

    Dès l’annonce en 2018 du prochain déploiement de nouvelles antennes 5G sur le territoire suisse, de nombreuses voix se sont élevées contre une fuite en avant technologique dans un but purement économique, sans études scientifiques sérieuses préalables.Cela a été notamment le cas chez les 1500 habitants du quartier de la Gradelle à Chêne-Bougeries: pas moins de trois antennes 5G garnissent aujourd’hui les toits de leurs immeubles. Situées à quelques dizaines de mètres les unes des autres, elles cernent une crèche, une école primaire et un établissement médico-social. La concentration d’antennes dans ce quartier dense mais néanmoins paisible suscite de vives réactions de la part des riverains comme des élus locaux.

    Les élus ont le devoir d’écouter les inquiétudes de la population, dues à la méconnaissance des effets sur la santé de l’exposition au rayonnement des antennes, au manque de transparence des opérateurs qui ne rendent pas les données facilement accessibles et à une perte de confiance envers les institutions, la Confédération ayant vendu très cher (380 millions de francs) les concessions aux opérateurs. La loi votée par le Grand Conseil en février oblige les opérateurs pendant une durée de trois ans à déposer des demandes d’autorisation pour toute installation ou modification d’antenne. Cette mesure contraignante vient compléter le moratoire décrété par le Conseil d’État en 2019, qui suspend ainsi toutes les demandes, tant qu’une incertitude demeure au niveau fédéral. En effet, le groupe d’experts mandaté par la Confédération a reconnu dans son rapport rendu public fin 2019 qu’il n’était pas possible à ce jour de déterminer si le niveau de rayonnements de la 5G présentait ou non des risques pour la santé.

    La gauche de Chêne-Bougeries, suivie par le Conseil municipal, avait tiré la sonnette d’alarme en juin 2019 déjà, en votant une motion afin de freiner l’installation d’antennes 5G sur la commune. Le Conseil administratif, à majorité Verte depuis le 1er juin, a de son côté récemment annoncé qu’il s’alignait sur la politique du canton en donnant des préavis négatifs systématiques pour toute demande d’autorisation de construire qui concerne la technologie 5G. Cela fait partie du rôle de proximité des communes que de préserver le bien-être, la quiétude et la santé de leurs habitants, en leur assurant un environnement sain, qui est par ailleurs un droit inscrit dans la Constitution genevoise.

    Ainsi, le principe de précaution doit être respecté tant que des données scientifiques claires ne sont pas disponibles. La Suisse étant l’un des premiers pays à s’être lancés à large échelle dans l’équipement de son territoire en antennes 5G, nous pouvons nous permettre un temps d’arrêt. Prenons le temps de réfléchir à quelle société nous voulons pour demain: un monde hyperconnecté dans lequel l’obsolescence de tous nos appareils actuels est déjà programmée, ou une société plus lente et plus saine, dans laquelle nous choisissons de vivre plus simplement?

    Texte paru le 24 juin 2020 dans la Tribune de Genève, rubrique "Opinions"
    https://www.tdg.ch/5g-danger-ou-necessite-671517107397

  • Nous sommes la solution

    63730453-voie-cyclable-chemin-façon-cycle-vélo-trafic-routier-ville-transport.jpgEn 2013, j’ai fait le sacrifice ultime pour ma patrie, Genève. J’ai vendu ma voiture, acheté un abonnement de transports publics, un vélo, et des baskets.

    J’ai pensé à ma belle ville, à ses rues encombrées, ses bouchons, à la pollution et au bruit. J’ai pensé à toutes celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture au centre ville : les livreurs, les personnes handicapées, les parents de quintuplés, les fans d’Ikea, les riches Colognotes qui font le plein aux Halles de Rive, les taxis, les frontaliers n’habitant pas en face des gares du LEX, les artisans….

    Par rapport à tous ces gens parfaitement légitimes sur nos routes, ma seule raison de me trouver parmi eux était de vouloir me déplacer d’un point A à un point B sans côtoyer mes semblables de trop près ; en fumant des clopes ; en écoutant la radio ; en rajustant mon rouge à lèvre aux feux rouges.

    J’étais le problème. Je créais des bouchons dans lesquels ils se trouvaient pris. Ils pestaient contre moi, se demandant pourquoi « cette nana seule dans sa bagnole » ne prenait pas plutôt son vélo ou les TPG, pour leur laisser la place à eux, et faciliter leurs déplacements obligatoires, vitaux, sans alternatives.

    Je les entendus, je les ai compris. Je me suis élégamment effacée devant leurs impératifs indiscutables, j’ai choisi de favoriser leur chère « liberté du choix du monde de transport », en sacrifiant la mienne. Je me suis imposé des trajets désagréables dans des bus surchauffés, bondés, saturés d’odeurs de sueurs et d’haleines fétides ; je suis allée à pied au travail tous les matins, 6 km parcourus même sous la pluie ou dans le vent ; j’ai enfourché mon vélo, avec appréhension, pour m’insérer dans un trafic agressif, dangereux, en ne soufflant un peu que lorsque mon chemin croisait enfin une piste cyclable.

    Les automobilistes qui me frôlent, me coupent la route, m’insultent parfois, réalisent-ils que je pourrais encore être une des leurs, et occuper le précieux espace qu’ils réclament sur la route ? Réalisent-ils le sacrifice que je fais au quotidien, sans une chouette bagnole confortable et bien chauffée dans laquelle me poser pour arpenter la ville au ralenti, pare-choc contre pare-choc ?

    Et si nous qui ne roulons pas en voiture en ville, décidions soudain que nous avons droit aussi à la liberté du choix du mode de transports ? Si nous boudions les TPG ; remisions nos vélos ; rangions nos baskets et achetions, louions, empruntions une voiture pour nous lancer tous ensemble dans les rues de Genève, qu’adviendrait-il ? Un blocage complet. 

    Alors, au lieu de nous insulter, de vouloir nous taxer, nous amender, les automobilistes devraient nous dire merci. Merci de leur laisser la majorité de la route pour pouvoir créer leurs propres bouchons, sans notre participation. Parce que nous, usagers des TPG, cyclistes et marcheurs, sommes la solution. 

  • Regarder des trucs pousser

    bcb69b4366bed4cc839754b9f4cf5dbd.jpgLe jardinage, ça n'a jamais été mon truc. Le seul moment où j'ai eu les pouces verts, c'est quand je me suis égarée à mettre du vernis de cette couleur sur mes ongles.

    Et pourtant, on m'assure que derrière le fait de travailler la terre se cache la même philosophie et les mêmes effets sur le mental et le physique que la marche que j'affectionne tant ; apaisement, calme, sérénité, retour aux sources.

    Je veux bien le croire. En fait, je vais pouvoir le vérifier, puisque, ne pouvant plus aller marcher en montagne, je me suis mise, presque par dépit, au jardinage.

    Pour être franche, il n'y a pas que le fait de tourner en rond chez moi qui m'a poussée à enfin m'intéresser au petit lopin de terre faisant partie de mon territoire. Forcée à ralentir, la patience et les attentions qu'exigent les plantations me deviennent plus accessibles, à moi qui aime habituellement que les choses se fassent vite. Je ne peux plus obtenir l'instantané, alors je me recentre sur une activité où le temps long est une exigence.

    Transformer un stérile carré d'herbe folle (ou un coin de balcon) en potager, jardin d'herbes aromatiques ou parterre de fleurs, c'est aussi une manière, peut-être une des seules actuellement, de domestiquer (un tout petit peu) une nature qui nous échappe, reprend ses droits, nous terrasse et nous domine.

    Privée de mon travail sédentaire, je prends ainsi goût au travail physique de la terre, je me crée une minuscule fenêtre d'autonomie alimentaire (au moins pour les herbettes de ma salade), et je vois jour après jour mes efforts de bêchage et arrosage récompensés par ici un bourgeon qui éclot, là une plantule qui surgit du terreau.

    Comme lorsque j'arpente les sommets ou les campagnes, une forme de méditation se met en place, mon bout de terrain m'ouvrant la porte du jardin secret de mon esprit. Dans l'un comme dans l'autre, je regarde des trucs pousser.

    Illustration : Tableau du peintre paysagiste britannique Ernest Charles Walbourn (1872 - 1927)

  • Le droit au paysage

    10401987_10204051240375335_6022757075121005611_n.jpgNous avons la chance en Suisse d'avoir une nature et des paysages exceptionnels, que l'on peut aisément sillonner à pied, grâce aux 65'000 km de balisage officiel (à titre de comparaison, notre réseau routier en compte 71'540), créé et entretenu par près de 1500 bénévoles de l'association Swiss Rando. Savez-vous que ce réseau pédestre unique au monde est protégé aujourd'hui par notre Constitution ?

    En 1979, le peuple suisse acceptait un nouvel article constitutionnel sur les chemins pédestres, grâce à deux hommes, Hugo Bachmann et Hans Ehrismann. Ils ont mené un long combat pour protéger ce patrimoine, car avant cette date, les chemins n'existaient pas légalement. Ils pouvaient être laissés à l'abandon, goudronnés, ou même supprimés pour laisser place à des constructions. Sans moyens, aidés au départ de leurs seules familles et amis, Hugo et Hans ont lancé leur initiative fédérale, sous l'oeil moqueur du Conseil fédéral de l'époque, pour qui les sentiers (tout comme les pistes cyclables) n'avaient rien à faire dans la Constitution.

    Le combat acharné de ces idéalistes s'est terminé, après moult péripéties, par une victoire foudroyante : 77% du peuple suisse s'est rangé de leur côté. Une loi fédérale de création, entretien et promotion des chemins pédestres a suivi en 1985. Aujourd'hui, la Suisse est le seul pays au monde à avoir ancré son réseau de sentiers dans sa Constitution, et ce contexte historique doit nous permettre de réaliser que nous disposons là d'un véritable trésor.

    Les communes ont leur rôle à jouer dans la préservation et la promotion de ce bien collectif. Car les chemins de randonnée pédestres ne sont pas seulement situés dans la nature, mais également en milieu urbain. Chaque commune, de la plus urbanisée à la plus campagnarde, est constellée de panneaux indicateurs jaunes, de losanges et autres marquages à la peinture. Ils font tellement partie de notre paysage quotidien que nous ne les voyons plus.

    Les collectivités publiques doivent assurer à la population un accès piéton sûr et agréable au sein de leur territoire, en préservant et en créant des lieux naturels de proximité (comme l'accès public aux rives du lac bien sûr pour les communes concernées) et en les reliant entre eux par des chemins pédestres bien aménagés et si possible accessibles à tous. Le droit au paysage, c'est un de mes engagements pour ma commune.

    Mon blog de randonnées (dont beaucoup dans le canton de Genève) pour vous inspirer en vue de vos prochaines balades https://randoromandie.wordpress.com
    Carte en ligne des sentiers de randonnée https://www.schweizmobil.ch

  • La Gradelle : un quartier cerné par les antennes 5G

    Capture d’écran 2020-01-30 à 10.12.32.pngLa prolifération de plus en plus rapide d'antennes 5G sur le territoire genevois malgré un moratoire cantonal et des moratoires communaux révèle la détermination des opérateurs à mettre en oeuvre cette nouvelle technologie dans une ambiance très concurrentielle, tout autant que l'impuissance des autorités à contrôler cette fuite en avant. 

    Etablie par la RTS à partir des données de l'OFCOM, la carte de comparaison des antennes 5G entre juin 2019 et janvier 2020 est édifiante... Dans le quartier de la Gradelle à Chêne-Bougeries par exemple, ce sont 4 (!!) antennes 5G qui ont été installées ces derniers mois (dont deux côte à côte), à proximité immédiate de 2 crèches, 1 EMS, 1 école primaire, 1 cycle d'orientation et un centre de loisirs. Sans oublier près de 1500 habitants. 

    Malgré le moratoire cantonal, et une motion de notre groupe politique Alternatives pour Chêne-Bougeries et les Verts acceptée au Conseil municipal, les opérateurs continuent l'installation d'antennes 5G sur notre territoire communal en toute impunité, en transformant les antennes existantes, qui sont déjà au bénéfice d'une concession fédérale. 

    Au moment du vote de cette motion, une seule antenne 5G était active à Chêne-Bougeries selon la carte de l’OFCOM, sur le toit des immeubles de la Gradelle, au niveau du no 32. Or, depuis le vote de cette motion, pas moins de 3 nouvelles antennes 5G ont été activées, portant à 4 les antennes 5G sur les toits de la Gradelle. C’est d’ailleurs le seul endroit de la commune pour l’instant à en être équipé.

    La situation actuelle à la Gradelle :
    Chemin de la Gradelle 32 : Antenne 3G/4G SWISSCOM transformée avec 5G (dossier APA 17114/1)
    Avenue des Amazones 6 : Antenne 4G SWISSCOM transformée avec 5G (dossier DD 102652/1)
    Avenue des Cavaliers 13 : Antenne 3G/4G SWISSCOM transformée avec 5G (dossier DD 106542/1)
    Avenue des Amazones 4 : Antenne SUNRISE transformée avec 5G, mais présentée comme nouvelle antenne sur le site de l'OFCOM dossier DD 99826/1)

    Intriguée par cette antenne de l'avenue des Amazones 4 dont le statut semble flou, une petite enquête auprès de l'Office des autorisations de construire de l'Etat de Genève révèle que le processus d'implantation des antennes 5G échappe grandement au contrôle de l'Etat.

    L'installation du 4 avenue des Amazones dispose d'une autorisation d'exploitation depuis 2005, sans qu'aucune antenne n'y soit toutefois répertoriée par l'OFCOM (Voir la carte OFCOM des antennes de téléphonie mobile).

    Capture d’écran 2020-01-30 à 09.47.47.png

    Selon l'Etat, une autorisation non utilisée perd sa validité au bout de 4 ans au maximum (2 ans + 2 pans de prolongation possible). Or cette autorisation est restée valide jusqu'à aujourd'hui et fin 2019 l'opérateur a saisi le SABRA (Service de l'air, du bruit et des rayonnements non ionisants) via Enkom AG (installateur) pour demander une autorisation de "modification mineure" ne nécessitant pas d'autorisation de construire (en clair un ajout de la 5G sur une antenne déjà au bénéfice d'une autorisation).

    Alors, cette antenne était-elle pré-existante ou une antenne 5G a-t-elle été installée en toute impunité malgré le moratoire à un emplacement inutilisé par l'opérateur ? Difficile de le savoir...

    De fait, l'Etat (de l'aveu du responsable ayant répondu à mes questions) n'a aucun moyen de connaître précisément la nature des "transformations mineures" annoncées. La technologie 5G n'apparaît nulle part dans les documents, il semble que tout se fasse tacitement ! 

    Ce qu'on peut conclure de cet exemple de la Gradelle ? Que l'installation de la 5G sur le territoire se fait de façon totalement opaque et presque en catimini, sous le nez d'autorités impuissantes (malgré des moratoires brandis de tous côtés) et finalement peu curieuses d'enquêter sur la légitimité de certaines antennes.

    Catherine Armand
    Conseillère municipale
    Candidate au Conseil administratif de Chêne-Bougeries
    www.alternatives-chenebougeries.ch